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Réseaux 1 : extension et résilience
L'étymologie des réseaux nous rappelle d'abord qu'il s'agit de filets (des rets), donc de structures souples susceptibles de couvrir un certain espace par des liens qui unissent des nœuds. On peut donc en déduire que la qualité d'un bon réseau est d'abord de prendre ou couvir beaucoup (qu'il s'agisse de beaucoup de poisson ou de beaucoup de téléspectateurs, de marchandises ou d'idées ). Mais le réseau ne peut réaliser cette performance que s'il est solide est adaptable à la fois. Ainsi si les nœuds ne se contentent pas d'être très denses mais sont eux-mêmes rattachés à d'autres nœuds eux-mêmes de diverse qualité, et densité. Tout tient par la forme générale, la structure,
Pour filer un peu plus loin la métaphore, on peut considérer le réseau pour sa capacité d'enserrer loi et de nombreux éléments : c'est une vision extensive. Il semble bon qu'un réseau routier, électrique, mais aussi de solidarités humaines ou de relais d'opinion doive inclure le plus possible et qu'il,demeure assez dense pour ne pas se distendre (donc être fragile et inefficace en certains points).
L'autre aspect d'une structure en réseaux est l'intensité des énergies et des flux en certains de ses zones internes. On l'emploie lors pour parler de modes de circulation, Plus une partie peut se relier à d'autres et coopérer plus elle contribue à la résilience du tout.
Le Réseau est donc un modèle complexe où jouent le maillage de lignes qui relient- des points, plus la circulation d’un contenu.
Il existe des réseaux naturels, comme le réseau sanguin ou nerveux mais l’usage le plus courant renvoie à des réseaux faits par l’homme pour capter ou contrôler,des flux qu’il s’agisse de réseaux postaux, Certains réseaux peuvent être purement humains : un réseau de terroristes, d’espionnage ou d’influence naît simplement du fait que ses membres poursuivent un but commun et échangent d’une certaine façon, par exemple suivant des affinités ou des règles de sécurité.
De ce point de vue, le réseau s’oppose à la pyramide ou à toute système par lequel les biens, les flux, les renseignements, les ordres… ne circulent que dans un seul sens voire par un seul canal de type chef, sous-chef, subordonné…
L’avantage d’un réseau dont les composantes sont reliées de multiples façons est qu’il permet une communication entre ses « nœuds ». Il résiste relativement bien aux accidents, innovations ou tentatives d’interruption et son efficacité est à la mesure des connexions, donc de la richesse des liaisons possibles entre les composantes. Les réseaux informatiques autorisent des connexions entre les matériels et donc les utilisateurs reliés Mais aussi des connexions sémantiques (les hyperliens).. Internet repose sur la conjonction d’une structure réticulaire avec de multiples modes de circulation : utilisateur à utilisateur, utilisateurs à sites et à bases de données et vice-versa, liens hypertextuels… - mais il repose aussi sur la nature extraordinairement fluide de ce qui y circule : des bits numériques sous forme d’impulsions électriques.
L’expression « société en réseaux » -popularisée par un monumental travail de Manuel Castells est souvent employée pour désigner les changement induits par le développement de la micro-informatique et par la mondialisation en tant que circulation de gens, de biens, de capitaux, de signes de modèles culturels, et qui semblent déborder les anciens territoires et les frontières. Personne ne s’étonne plus d’entendre parler d’entreprise en réseau, voire de guerre en réseau.
Notre époque recourt souvent à la métaphore du réseau – souple, vivant, innovant…- et l’oppose volontiers aux structures rigides, hiérarchiques, formelles de l’ère industrielle.
Ainsi le web est comparé à toile d'araignée mondiale un filet tendu sur la planète, dont chaque maille serait un ordinateur et chaque fil une ligne de communication.
Il se développe même une véritable utopie du fonctionnement en réseau, comme si le simple fait de faciliter la communication, notamment celle de biens immatériels comme l’information – était en soi porteuse de démocratie, d’apaisement et d’inventivité. C'est a fortiori vrai des réseaux sociaux qui semblent illustrer à leur façon l'idée de mcLuhan "Le message, c'est le média" En effet, importe moins le contenu qu'ils véhiculent (propos narcissiques,banalités ou appels à la révolte) que la coopération de tous à l'œuvre commune, que ce soit comme lanceur de thème, e-influent, commentateur ,follower répercuter , appréciatif (les "fans" qui "lisent").Comme si les réseaux excluaient le pouvoir. Or ils le déplacent.

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