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Attentats de Boston
Milices, jihadistes, détraqués... ?

De l'attentat de Boston, non revendiqué au moment où nous écrivons, on sait qu'il a été filmé et commenté presque en direct sur Twitter par des milliers de gens, mais guère plus. S'il est bien exact que les bombes étaient artisanales (poudre, clous..) et que deux n'ont pas fonctionné, on peut tout au plus déduire que l'auteur de l'attentat aurait pu apprendre la technique n'importe où y compris en ligne ou dans des livres en vente libre. Et il lui suffisait d'être assez malin pour songer à placer ses explosifs à un endroit à peu près impossible à contrôler et où l'on peut circuler avec un sac à dos et le visage à moitié dissimulé sans attirer l'attention de personne.

On pourra sans doute chercher des hypothèses ingénieuses pour expliquer le choix de Boston (ville d'où étaient partis des avions qui se sont écrasés sur le Word Trade Center), la date du Patriot Day ou le choix de la ville emblématique pour l'indépendance américaine ; pour le moment le fait que c'était une cible "molle" mais permettant une exposition médiatique maximale est le seul que nous puissions retenir. Et quelques heures après, toute revendication sera sujette à caution. Les procédures de vérification pour un attentat jihadiste (approbation par une autorité religieuse) sont aléatoires et bien davantage dans le cas d'un groupe jusque là inconnu.

Cela ouvre le champ à bon nombre d'hypothèses dont deux vont sans doute prévaloir.
- Soit des jihadistes ont réussi avec plus de onze ans de retard à réaliser un second attentat mortel sur le sol américain comme ils en rêvaient. En effet, en dépit de quelques tentatives ratées comme celle de Shazad tentant de faire exploser une voiture à Time Square en 2010, le sanctuaire du "homeland" était resté à l'abri des imitateurs
- Soit il s'agit d'un attentat "domestique" dans la tradition de celui d'Oklahoma City  ou du Parc du centenaire (lors des jeux olympiques de 1996) : des individus ou des groupuscules, plus ou moins proches de milices, aux motivations politico-religieuses obscures mais qui en veulent essentiellement au gouvernement fédéral.

 Si une de ces hypothèses est bonne et si le FBI a la chance de tomber sur un bout de vidéo révélateur, une empreinte, un fragment d'ADN, etc, comme dans les feuilletons télévisés, il peut arrêter quelqu'un assez rapidement et nous saurons alors s'il s'agit d'un personnage "à la Breivik"ou  à la Thimoty Mc Veigh (attentat de d'Oklahoma City), d'un loup solitaire jihadiste...

Si ce n'est pas le cas, ou s'il y a récidive (s'il y avait, par exemple, une "série" comme celle des attentats du GIA qui ensanglantèrent la France en 1995), le choc symbolique pour une Amérique qui commençait à oublier ses cauchemars liés au onze septembre pourrait être considérable. Des bombes sur le sol américain, frappant un des événements les plus populaires de la vie sportive, touchent chaque citoyen. Le grand retour de la peur est il possible ? Avec quelles conséquences politiques ? Réponse dans les heures qui viennent.

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