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Communication de crise : de nouveaux paradigmes
La crise est en crise. Ou plutôt l'idée ancienne d'une crise sporadique comme réalisation d'un risque puis enchaînement d'événements chaotiques ou de paniques.
Les six chercheurs qui participent ce numéro sont d'accord sur la place cruciale de l'information dans le processus, mais ils s'accordent aussi, dans des perspectives et avec des arguments différents, pour dire que la réponse ne peut plus se limiter des recettes standardisées ou à une rhétorique rassurante.
Didier Heiderich et Natalie Maroun assènent le premier coup aux vieilles certitudes : la communication de crise est morte au moment où elles suscite une telle mode (et un tel business) : elle se heurte au mur de l'incrédulité de masse. Il ne suffit plus de lancer des messages convaincants sur un public cible, comme on tire des missiles, mais il s'agit de construire une relation complexe et durable avec des destinataires et partenaires.
Puis Éric Delbecque nous décrit une situation où la crise devient quasiment la norme et la routine l'exception, les raisons pour lesquelles nos sociétés sont si crisogènes. Mais aussi le bizarre mécanisme par lequel la réponse à la crise demande surtout un art de gérer paisiblement et en temps de paix l'art de la mobilisation.
Emmanuel Bloch soulève, lui, le problème des réseaux sociaux qui accélèrent la contagion des inquiétudes et fournissent de remarquables outils aux acteurs faibles et dispersés dans l'affrontement avec les entreprises et les institutions à propos de la gravité et de la responsabilité des crises. Quand ils ne les déclenchent pas.
L'interview de Gérald Bronner porte sur un paradoxe des réseaux sociaux : s'ils favorisent le pluralisme et démultiplient les procédures de vérification, ils encouragent aussi la crédulité, les dérives vers les interprétations les plus extrêmes et l'isolement dans des bulles d'information, donc la confirmation des préjugés le plus faux et les plus alarmants.
Enfin, Éric Schmidt, à propos de la crise politique rappelle combien elle reflète les différences de nos valeurs et de nos interprétations de la réalité. Nous ne traduisons pas la crise dans les mêmes termes - et donc risquons sans cesse de l'aggraver-
Autre manière de confirmer que la résolution de la crise passe par l'acceptation de l'altérité et de la complexité.

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