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Lanceurs d'alerte III : simples leçons
Secret de la transparence et transparence du secret


  • Transparence du secret, secret de la transparence
    • Nous vivons dans des sociétés de transparence dont les principes sont :
      • Communication
        • S'exprimer au nom de l'égalité Ne rien cacher ( même de la vie privée ou des comptes des dirigeants p.e.)
      • Concertation
        • Tout négocier, n'exclure personne (espace public et société civile), produire du consensus par rapprochement des points de vue
      • Computation
        • Des calculs et évaluations doivent convaincre de la rationalité des solutions adoptées
    • Cette société lutte contre des forces obscures
      • Terrorisme obscurantiste p.e.
      • Cavaliers de l'infocalypse : pédophiles, nazis révisionnistes, trafiquants de drogue, d'armes, d'argent sale, particulièrement actifs sur Internet et dont il faut intercepter les communications.
      • Risque caché
    • Il faut surveiller secrètement et occulter des vulnérabilités
      • Bénéfice collatéral : les dispositifs de surveillance et interception sensés repérer comploteurs et corrupteurs servent à faire de l'espionnage économique ou diplomatique chez ses alliés
    • Donc il faut des bureaucraties dotées de moyens si possible électroniques
      • Celles-ci sécrètent (sans jeu de mots) des ennemis intérieurs
        • Leur incarnation : le "whistle blower"
          • Il croit à l'idéologie de la transparence et ne supporte pas la contradiction avec sa pratique
          • Il a accès à des documents de la bureaucratie
          • Il a les moyens informatiques de "fuiter" les preuves, des documents d'origine interne, et de les diffuser
          • Il est soutenu par des associations qui militent contre toute dissimulation où elles voient la preuve d'un complot : Anonymous, Wikileaks...
    • Une fois qu'il a "fuité", il est trop tard, mais il faut essayer de décourager de futurs imitateurs et empêcher la contagion des révélations
      • Comment faire ?
        • L'accuser d'un délit sans rapport avec ses révélations (une affaire de "sexe hâtif" en Suède, par exemple, pour Assange), lui couper ses moyens technologiques (nom de domaine, moyens de payement électronique...) et l'assiéger dans une ambassade comme on ne le ferait pas pour un baron de la drogue.
        • L'accuser d'espionnage (comme pour Manning et Snowden) , c'est à dire l'assimiler à un agent ennemi qui s'empare clandestinement de données vitales et dont l'action met en péril la vie de soldats ou la sécurité de citoyens.
          • S'il reçoit le soutien d'où pays réputé non démocratique comme la Russie, c'est tout bénéfice : la thèse du complot est devenue une prophétie auto-réalisatrice.
    • Conclusion
      • Les secrets trahis n'apprennent pas grand chose aux initiés et les "victimes" comme les pays européens réagissent très mollement face à un système dont elles tirent des bénéfices collatéraux
      • Mais c'est le principe du droit à cacher qui doit être maintenu à tout prix, non pas au nom des vieux privilèges des dissimulation des gouvernants, mais au nom de l'aspiration à la sécurité garante des sociétés de transparence.
        • Ce qui nous ramène au point de départ : nos sociétés se réclament de la transparence, etc.


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