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Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie > Affrontements, stratégies et images
Guerre de l'information Est / Ouest
Fuites et enregistrements

Quoi de nouveau dans la guerre de l'information que se livrent l'Est et l'Ouest à propos de l'Ukraine ? Si l'on s'en tient au niveau du traitement médiatique où l'un ou l'autre camp propagent leur vision de la réalité, énoncent des jugements de valeur et veulent gagner "les cœurs et les esprits" par des mots et des images, pas grand chose.



Pour les uns, le nouveau Staline,dirigeant d'une Russie consubstantiellement impériale, menace l'Occident en envoyant ses séides provoquer des désordres : il envahit un pays voisin et menace des démocrates proeuropéens libéraux qui se sont pacifiquement révoltés contre un régime moscoutaire. Rien de très étonnant, à part que l'idée qui précède est maintenant sensée être « de gauche », alors que pendant la Guerre froide, une telle formulation aurait résumé l'attitude des plus conservateurs à propos de la répression à Berlin, Budapest et Prague.



Vu d'en face : des mercenaires et des fascistes payés par les impérialistes et l'oligarchie libérale provoquent un putsch contre un président légitimement élu et persécutent une minorité ethnique avec l'aide de mercenaires. Il faut défendre ces opprimés. Seule différence : il n'y a aujourd'hui à l'ouest qu'une poignée de « populistes » présumés d'extrême-droite pour adhérer à cette version, qui aurait été à peu près unanimement acceptée chez les progressistes de tous poils il y a une trentaine d'année.



Hors ce jeu de chassé-croisé, les règles immémoriales de la propagande de guerre valent toujours. Dans la diabolisation de l'ennemi, le choix des mots porteurs de jugements (pro-européens, miliciens,terroristes, etc.), ou l'appel aux autorités morales ou politiques difficile d'innover vraiment.Et il est évident que si vous regardez Russia Today ou CNN, les jolies filles ukrainiennes posant à côté de types armés mais souriants ou les civils indignés en seront pas du même côté.



Si nouveauté, il doit y avoir elle vient peut-être de l'est et de l'assimilation par les services russes de méthodes d'activistes occidentaux.La production de « révélations » appuyées,par des textes de l'adversaire, des enregistrements ou des photos qui montrent ses intentions réelles et ses mensonges (métapropagande), donc à la manière de Wikileaks. Avec force enregistrements



- Diffusion sur You tube en février d'une conversation entre l'ambassadeur US à Kiev et Victoria Nuland où cette dernière discute la composition du futur gouvernement ukrainien et assène un vigoureux "fuck Europe"



- Divers documents photographiques sur la présence de mercenaires étrangers à Maïdan, notamment parmi les snipers



- Conversations entre Catherine Ashton de l'UE et un ministre ukrainien qui accréditait l'hypothèse de mercenaires pro occidentaux tirant des toits pendant les événements de Maidan



- Déclarations enregistrées de Mme Timochenko se proposant de mitrailler voire d'atomiser les Russes



- vidéos sur You Tube présentant des mercenaires de Greystone côté ukrainien.



Les esprits sceptiques nous rappelleront que la bonne vieille desinformatzsyia soviétique fonctionnait en abreuvant l'Ouest de faux carnets d'Hitler ou de de fausses révélations sur le Sida qui aurait été fabriqué dans les laboratoires de la CIA. Mais, justement, parmi tous ces documents récents, il en est dont il est difficile de douter de l'authenticité et qui circulent sur les réseaux sociaux, pas à travers quelques médias occidentaux trompés. Nous apprenant aussi au passage qu'il n'y a pas que la NSA qui puissen intercepter des conversations secrètes. Et que les Russes pourraient aussi s'adapter à la logique des réseaux sociaux et des méthodes de révélation mérite d'être examinée.



Dernière minute : même les images se retournent! De quel côté sont aujourd'hui les civils qui font un rempart de la leur corps face aux tanks et qui obligent de braves conscrits en larmes à refuser d'avancer ?


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