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Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie > Terrorisme
Terreur, arme, image
En préface à l'article téléchargeable ci-dessous, un rappel de la définition du terrorisme (extrait de Comprendre le pouvoir stratégique des médias)




Le terrorisme se caractérise suivant la formule souvent répétée de Raymond Aron par la recherche d’effets psychologiques supérieurs à ses effets physiques. Un terrorisme sans violence serait du bavardage ; à l’inverse le terrorisme ne peut se réduire à sa puissance de destruction. Pour lui, le ravage fait message et le théâtre des opérations devient un théâtre tout court. Quand le résultat militaire de la violence importe plus à ses auteurs que sa signification symbolique, il faut parler guérilla, émeute ou guerre de partisans, mais pas terrorisme.

Autre différence, le terroriste théorise. Quand il tue un homme, il veut tuer une idée et en proclamer une nouvelle. Ceci vaut depuis la « propagande par le fait » anarchiste de la Belle Époque jusqu’à la Terreur d’anathème et de prédication que pratiquent les jihadistes.

Le terroriste considère les médias comme des armes :

– directement d’abord, il peut tenter d’employer Internet et l’ordinateur comme moyens de sabotage dirigé contre nos sociétés qui reposent sur l’information. C’est ce que l’on nomme
« cyberterrorisme », pour l’instant plus dangereux en théorie que réellement expérimenté.

– indirectement surtout, le terroriste tente de retourner les médias de l’adversaire contre lui. Il les utilise pour faire peur (répandre la terreur) mais aussi pour faire écho (voire pour se faire une sinistre publicité), pour exercer une contrainte, pour recruter de futurs disciples… Même et surtout le choix de la victime a un sens : il obéit à la logique de la représentation et du symbole. Outre le sentiment contagieux de peur et la contrainte qu’il veut exercer sur les autorités et la population, un attentat « signifie » au moins trois choses :

– au nom de qui on frappe et quel acteur historique (le prolétariat, le peuple, les opprimés, l’Oumma…) représente l’acteur terroriste ;

– quel changement historique il annonce (la vengeance est proche, la révolution est en marche…) et quel camp il veut rassembler ;

– qui il frappe et qui il abaisse par là. La victime et ce qu’elle représente – comme l’État – sont censés être affaiblis, humiliés (ils peuvent éprouver de la peur) mais aussi démasqués (le pouvoir honni est plus vulnérable et plus oppressif qu’il ne semblait).

Face à cette triple « révélation », le contre-terroriste recourt depuis toujours à la lutte idéologique, voire à l’interdit, au motif qu’il ne faut pas « offrir de tribunes au terroriste ». Surtout il pratique la dénonciation : il rabaisse ce que l’acte terroriste a voulu élever à hauteur des grands principes (nation, lutte finale, volonté de Dieu…). Il le "criminalise" et fait du terroriste, comme autrefois du pirate, un "ennemi du genre humain".

Cette situation se complique quand le terroriste n’est plus obligé d’employer les médias qu’il considère comme appartenant à l’adversaire mais s’exprime directement, sur Internet par exemple, ou encore trouve des médias sinon sympathisants du moins prêts à retransmettre ses messages (cf. les fameuses cassettes de ben Laden ou Zawahiri diffusées par al Jazira).

Cliquer ci-dessous pour lire un article des Cahiers de médiologie écrit peu après le 11 septembre.

 Cliquer ici pour lire l'article en PDF
 Les cahiers de médiologie : la scène terroriste
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