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Trump, fuites et écoutes
Trump écouté

Trump a-t-il été placé sous écoute par Obama ? Ou, plus exactement des membres de l'administration Obama ont-ils tiré avantage pour surveiller la tour Trump de la loi FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act de 1978 amendée notamment par le Patriot Act) autorisant des procédures de surveillance physique et électroniques sur les puissances étrangères et les citoyens américains qui pourraient être en contact avec eux (ce qui fait pas mal de monde susceptible d'être écouté secrètement). Initialement, la FISA était censée servir à surveiller les groupes activiste soupçonnés d'être en rapport avec une puissance étrangère. Les lois d'après le 11 septembre on étendu à la lutte contre le terrorisme Les «warantless domestic wiretapping», les interceptions sans mandat sur le sol des États-Unis au titre de la lutte antiterroriste se sont multipliées.
Puis, la loi Protect America de 2007, modifiant la FISA, a autorisé la NSA à surveiller sans mandat tout le trafic en provenance, à destination ou transitant par les États-Unis (ce qui équivaudrait à 35% du trafic mondial). Cette loi don nait également l’immunité aux compagnies des téléphones qui ont participé à des écoutes illégales à la condition qu’un Attorney Général certifie qu’elles avaient agi sur demande de l’État pour protéger la nation du terrorisme. Qui pourrait vous garantir sauf à vivre dans un ermitage que vous n''êtes pas en contact avec une puissance étrangère ou avec quelqu'un qui est en contact avec une puissance étrangère ?

Et comme, justement, les campagnes anti-Trump, jouent beaucoup de l'argument qu'il est une
marionnette des Russes et que l'on ressort régulièrement des preuves que des hauts membres de son administration comme le ministre de la justice Jeff Sessions et Michael Flynn.
Et ne parlons pas des rumeurs selon lesquelles Trump lui-même serait tenu par un "kompromat" russe, une sombre affaire de prostitutées avec lesquelles il aurait été filmé à Moscou. Le tout cité par Buzfeed dont le sérieux académique est à peu près équivalent à celui d'Ici Paris et embelli de sombres histories de membres des services secrets.

Tandis que les services de renseignement US semblent faire de la rétention d'information à l'égard de leur Président et balancer à tout va sur ses liens présumés avec les Russes.
Résumons : l'administration Obama pouvait techniquement le faire (pour mémoire, elle a bien écouté l'Intranet de l'Élysée et les portables de Merkel et Hollande), elle avait certainement des motifs pour le faire (à titre de preuve du complot russo Trumpien). Ce n'est pas de la paranoïa de penser que l'homme qui en a fait espionner des millions d'autres dans une totale impunité ait pu songer à fair écouter aussi son rival. Mais nous ne pouvons évidemment pas le prouver. Et si tel était le cas, il n'y aurait pas d'aveu signé.

Du coup on voit réapparaître des vocables comme "chasse aux sorcières" ou "maccarthysme" qu'il était plus fréquent d'entendre dénoncés du côté progressiste. Pour mémoire, le sénateur McCarhy n'a pas participé aux procès des Rosenberg ou de Alger Hiss, suspects d'être des agents communistes (cela c'était le travail de la justice américaine), il n'a pas non plus fait perdre leur travail et parfois fait condamner des gens d'Hollywood (cela ce fut le travail du HUAC, le House Un-American Activities Committee). En fait MacCarthy connut la gloire en prétendant détenir un liste de membres du Secrétariat d'État qui auraient été des agents de Moscou (ce qui aurait expliqué la faiblesse de la politique étrangère américaine). Puis, à la tête d'un comité, il commença à s'en prendre au général Mashall, à traiter le président Truman de quasi traître et finit par attaquer Esinsenhower, la CIA et l'armée, des héros de guerre et toutes sortes de gens dont on a du mal à croire qu'ils aient été des rouges cachés. MacCarthy finit par être censuré par le Sénat en 1954.




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