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Le pouvoir des ONG 3

La suite de 1 et de2
La montée en puissance des Organisations de type lobbies, think tanks ou ONG est liée à plusieurs phénomènes :
- la mondialisation, bien sûr, avec ses problématiques et ses interférences sans frontières
- La société dite de l’information où elles agissent par l’information
- La société du risque : elle est obsédée par l’idée d’éliminer l’aléa, les peurs, d’éloigner les violences et les catastrophes, ce qui donne plus de légitimité aux organsations d’influence qui nous mettent en garde
- La crise du politique : les formes traditionnelles d’autorité sont affaiblies, l’État pris en tenailles entre l’international et la société civile ou les acteurs technologiques comme les GAFAM, avec, entre autres, perte de confiance d’une large fraction de la population dans la démocratie représentative
- Les outils techniques, à commerncer par les réseaux sociaux mondialisés, éco-système idéal de l’influence
- La crise idéologique : moins règnent les utopies politiques, plus prolifèrent les thématiques écologiques, féministes, ou autres qui remettent en cause les « dominations », préconisent une action des citoyens, privilégient la dénonciation des formes traditionnelles de pouvoir politique..., autant de champs pour les organisations d’influence
- Le primat de l’émotion planétaire amplifié par les médias

Les ONG jouissaient d’un grand prestige auprès du public qui fait davantage confiance à leur engagement éthique pour une solidarité sans frontière ou à des notions comme « société civile » plutôt qu’à ses gouvernants. Les ONG se présentent comme le parti du Bien ou des bonnes intentions, mais sans aucun des attributs de l’autorité et sans responsabilité. Humanitaires, urgentistes, caritatives, écologiques, au service des droits de l’Homme, etc, donc en posture de perpétuelle revendication ou avertissement, elles ont une double vocation. Agir pour soulager les injustices immédiatement et imaginer des solutions pour demain (donc plaider pour en convaincre les pouvoirs étatiques et économiques). Cela laisse peu de prise à la critique.

Par ailleurs les ONG peuvent agir en coalitions et en réseaux d’où un effet mutliplicateur de leur discours. S’ajoute un effet coagulateur : elle permet à des gens qui ne partagent pas forcément les mêmes buts de s’allier pour une revendication ou contre un adversaire. Stratégiquement, elles remplissent de multiples rôles :
- elles évaluent : chartes, codes, déclaratiosn notations, certifications
- elles jouent les vigies charées de détecter les périls. D’où un grand pouvoir de peser sur l’agenda des organisations étatiques
- elles peuvent nouer des partenariats avec des entreprises, des OIG, des États, etc.
Au total leur influence se mesure dans trois domaines :
L’impact réel (tant de tentes envoyées, telle décision d’un tribunal, telle nouvelle loi), l’impact sur les représentations que se font des millions de citoyens, et enfin l’impact sur le stock d’idées disponibles dans le débat.


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