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Puissance et idéologie
« Le pape, combien de divisions ? » ricanait Staline. Or, l’État du Saint Père a survécu à celui du Petit Père des Peuples. La bonne question était peut-être : « Le communisme, une foi pour combien de siècles ? »

L’idéologie est-elle un facteur de puissance, mesuré au nombre des partisans, cette chair à canon de l’idéal ? Dans tous les cas, c’est une arme collective - elle demande des servants – même si c’est une arme spirituelle. Sa capacité de mobiliser des croyants, de recruter des alliés et de culpabiliser des adversaires, la rattacherait aux panoplies de puissance comme territoire, population, ressources économiques et militaires….

D’autres objecteront que l’idéologie est par nature délirante, qu’elle déforme notre perception du monde, nous assigne des buts impossibles et, finalement, mène à l’échec donc à la perte de puissance.

Ou encore que l’idéologie, c’est l’hostilité - doctrine contre doctrine, rêve contre rêve – qu’elle nous dresse les uns contre les autres, et, qu’au final cet affrontement est un jeu perdant/perdant.

Chacune des trois thèses, avec sa part de vérité, puisque chacune reflète une des facettes de l’idéologie.

* Elle a fonction d’explication : elle fournit un paradigme et des catégories pour interpréter la réalité ce qui la rend à la fois déformante, simplifiante, attirante et rassurante.

* Elle a une fonction de propagation : elle dit où est le bien et où est le mal et recrute des prosélytes qui la répandront à leur tour. Cela la rend contagieuse mais aussi discriminante : des communautés animées par leurs croyances tendent à s’opposer. Toute idéologie suscite sa contre-idéologie.

* Enfin l’idéologie transforme. C’est un discours sur le monde tel qu’il doit devenir (cela, c’est sa part d’utopie) ou qui dit pourquoi il doit rester tel qu’il est (elle légitime). Mais c’est surtout un discours disant comment ce monde doit advenir ou se maintenir. Elle vise à l’action par un minimum de stratégie et une vision de l’histoire.


Nous ne pouvons cependant nous contenter de cette réponse syncrétique, pour au moins trois raisons :

- L’idéologie n’est pas « en option ». Nul ne choisit ou bien l’idéologie ou bien le réalisme pour accroître la puissance.

- L’idéologie ne tombe pas du ciel, ni n’est simple reflet spirituel de la situation matérielle. Elle jouit d’une certaine autonomie ; ni son succès ni son échec ne sont inscrits dans les étoiles.

- L’idéologie vit : elle passe par certains cerveaux et par certains canaux. Et se transforme au cours de cette opération. C’est un processus pas une chose.

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