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Information, pouvoir et usage : l'infostratégie > Pouvoirs et information
La rumeur
La rumeur est souvent présentée comme « le plus vieux média du monde » puisque le bouche-à-oreille, le cancan, le potin, le commérage, le bruit, souvent la médisance seraient nés avec le langage. `

Pour définir la rumeur, ajoutons :

– qu’elle doit porter sur l’énoncé d’un fait (« X a fait Y », « en réalité Z a fait ceci pour tel motif caché », « il existe tel risque qu’on nous dissimule ») et non d’une simple opinion, même injurieuse sur une oeuvre, une réalisation ou un individu (« c’est nul » ou « Machin est un salaud ») ;
– qu’elle est censée révéler quelque chose qu’ignorait l’interlocuteur. Il va peut-être devenir à son tour propagateur de la rumeur ; le plus souvent celle-ci se présente comme la révélation d’un secret que certains tenteraient d’étouffer. Comme dans X-files : la vérité est ailleurs ;
– qu’elle suppose un incessant passage de l’information : celui qui l’a reçue la retransmet, parfois en l’enjolivant, et en ajoutant son propre commentaire ;
– qu’elle n’est pas nécessairement mensongère ou erronée. Il existe des rumeurs sur des faits vrais tenus sous silence par les initiés ; – qu’elle se caractérise par son origine : elle provient toujours « de source sûre », mais surtout non officielle, ce qui sous-entend que le contenu de la rumeur, à ses débuts au moins, est une information rare donc précieuse. Elle est valorisante pour celui qui la possède. En revanche, il arrive que les médias ou les « sources officielles » rendent compte d’une rumeur, ne serait-ce que pour la démentir ;
– –qu’elle peut être lancée souvent pour porter préjudice à un individu ou à une institution, mais aussi par jeu (canular ou plaisanterie), par naïveté ou par bêtise, voire dans le dessein d’avertir ses contemporains d’un risque ou d’un scandale ;
– que si la méchanceté ou la diffamation ne font pas partie de la rumeur, on aurait du mal à citer des rumeurs élogieuses ;
– que, de la même façon, si la rumeur peut porter sur n’importe quoi, elle tend à revenir sur les mêmes thèmes : l’argent, la maladie, l’empoisonnement, les complots des puissants, les groupes dans l’ombre, les grands événements en réalité truqués, les objets les plus innocents qui cacheraient un sens dissimulé ou un péril caché, la mort des gens célèbres et bien entendu le sexe ;
– que, souvent, la rumeur fournit une explication d’apparence rationnelle donc rassurante à des faits dûs au hasard ;
– que la pluralité des sources d’information ou les efforts de transparence ne l’empêchent pas, au contraire ;
– que les nouvelles technologies (et en particulier Internet où il est si facile de devenir émetteur à sont tour favorisent les rumeurs (leur lancement est à la portée de tous, anonymement, gratuitement, en quelques clics, et avec des chances de toucher toute la planète si la rumeur trouve repreneurs).


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