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Les sept piliers de la démence
Pas d'adieux à Bagdad

Pourquoi les USA ne peuvent-ils pas se retirer d’Irak ? Pour poursuivre la dernière chronique et en s’inspirant des rapports des think tanks républicaines américaines ( cf Heritage), on peut donner sept réponses à cette question.

Le chaos. C’est la conséquence la plus évidente. Un retrait US ferait flamber la guerre civile, ethnique, religieuse, séparatiste qui dévaste le pays, balayerait le gouvernement actuel, mettrait l’armée entre les mains de shiites et des milices, provoquerait une réaction violente des Kurdes, contaminerait les pays voisins et ainsi de suite….

Le pétrole. Les exportations irakiennes de pétrole viennent de remonter à 2, 5 millions de barils par jour. Toute incertitude sur une source d’approvisionnement énergétique aussi importante risquerait d’avoir de graves conséquences sur le prix du pétrole.

L’Iran. Déjà confortés par l’élection d’une majorité chiite en Irak, déjà aidés par la diversion coréenne dans leur lutte pour imposer leur droit à l’énergie atomique, les Iraniens pourraient profiter de la situation à un moment où comme l’a dit un spécialiste « ce sont les chiites qui encerclent les Américains pas l’inverse ».

Le mythe al Quaïda. Même si les éléments étrangers salafistes (pour ne pas parler des mythiques successeurs de Zarqaoui) ne sont ni les uniques, ni les principaux animateurs de la résistance à l’occupation, le prestige qu’en retirerait l’organisation de ben Laden serait immense. À créer le mythe de l’Irak complice d’al Quaïda ou du diabolique barbu manipulant tous les jihadistes du monde, les USA auraient ainsi créé « a self defeating prophecy » comme ils disent. Bien sûr l’Irak ne deviendrait pas l’Afghanistan du mollah Omar, mais l’impact psychologique serait immense.


La catastrophe humanitaire qui s’ensuivrait.dans un pays où l’État n’existe déjà plus de fait et n’assure plus aucune condition d’ordre ou de sécurité.

Les biais cognitifs Les dirigeants US actuels, conditionnés par l’expérience de la Guerre Froide, sont habités par la peur pathologique de sembler reculer et d’apparaître comme des tigres de papier. Il sont persuadés que c’est la fermeté de Reagan et non la propre décadence de l’Urss qui a amené sa perte. Ils croient que la survie même du monde libre dépend de la volonté des USA de ne jamais baisser la garde contre « ceux qui haïssent la liberté ». Ils appliquent un schéma fait pour un ennemi unique, dans une situation de Destruction Mutuelle Assurée qui empêche de monter aux extrêmes (la guerre atomique) et donne un rôle décisif au bluff.

Le traumatisme du « plus jamais ». Plus jamais de Saigon envahi, plus jamais d’ambassades abandonnées, plus jamais d’alliés trahis… C’est à cause du traumatisme du Vietnam que les néo-conservateurs ont trouvé la force de s’imposer. Nul ne peut renoncer à la peur qui l’a si profondément marqué et structuré.


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