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Images politiques sur le Net
Sur fond de question du journalisme citoyen, et au moment où la publicité négative se développe aux USA, le Net se révèle comme un terrain de lutte politique où tous les coups sont permis. Et pas seulement sous forme de blogs. décapants mais aussi de rumeurs et iimages.

En Espagne, les partis se sont mis à la « vidéo propagande » en diffusant sur la toile des vidéos d’une quinzaine de minutes au maximum et qui attaquent férocement le parti adverse, dans la tradition du « negative advertising» américain. Ainsi, le Parti Socialiste a mis en ligne un court-métrage, « La Otra Tregua » (l’autre trêve) critiquant la façon dont le gouvernement Aznar avait tenté de négocier avec l’ETA (ce qui le met en mauvaise position pour critiquer l’actuel déroulement du processus de paix mené par les socialistes). Le Parti Populaire a répliqué par un contre-film sur la Toile. Du reste, ce sont les conservateurs qui ont ouvert la lutte en diffusant des séquences sur les attentats de 2004.

En France, sans doute un million de personnes on regardé sur Internet la fameuse « cassette des 35 heures » de Ségolène Royal. Ou plutôt « les » cassettes de Ségolène. En effet, après qu’un mystérieux « Jules Ferry » ait mis en ligne des images d’une réunion publique tenue à Angers par la candidate en Janvier 2006 et où elle suggérait que les profs soient présents trente-cinq heures au collège, ses partisans ont riposté par une cassette qui se voulait complète. En fait la seconde ne montrait aucun trucage dans la première et noyait un peu le poisson en ajoutant des propos de Ségolène sur la nécessité de s’inspirer des expérimentations « qui marchent », ce qui ne mange guère de pain. Il est facile de comparer les deux versions. De la même façon, il circule sur le Net une cassette où Pierre
Bourdieu juge que Ségolène Royal est de droite.

Au marketing politique produit par des professionnels, répondent désormais des initiatives venues de la base. À une échelle bien plus modeste, certains commencent à filmer les conseils municipaux comme à Puteaux et à mettre en ligne les images qu’ils espèrent gêner leurs adversaires. La preuve par l’image est ainsi censée conserver les archives des déclarations et des actes, voire instaurer une sorte de traçabilité des politiciens pour instaurer un contrôle citoyen.
Depuis longtemps les élus vivaient sous la peur de la caméra indiscrète ou de la photo qui les monterait ridicules ou confus. En tournant de façon cachée, Pierre Carles. avait même livré au public quelques savoureuses déclarations « off » et des images d’hommes politiques visiblement très complices de journalistes qu’ils feignaient de vouvoyer ou de traiter comme des inconnues quand ils se savaient filmés.

La différence est que maintenant, les techniques du journalisme d’investigation « agressif » sont à la portée de tout propriétaire d’une caméra numérique. Et qu’il n’y a plus besoin de l’accord d’un rédacteur en chef ou d’un producteur pour lancer des images rumorales.
Bref, chacun risque de se voir opposer ses déclarations passées parfois sorties hors de leur contexte : ce n’est plus Big Brother qui regarde tous les citoyens, ce sont des centaines de little brothers qui surveillent les dirigeants. Il n’est pas certain au total que la démocratie y gagne. La dictature de la transparence est aussi une dictature.


Voir sur le marketing politique :

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Voir aussi journalisme citoyen, publicité négative ,sondages, sondagitation

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