La notion de
guerre de l'image et de l'
écran s'est partout imposée. Elle ne consite pas seulement à produire des séquences de
propagande (simulation) ou à censurer les images génantes (dissimulation). Elle exige aussi la stimulation des affects et le contrôle des images accessibles, devenu presque impossible à l'
ère numérique. Une définition extraite d'un
glossaire.
Toute guerre suppose le recours à des images. Elle mobilise des symboles de la Nation ou de la communauté et produit souvent des représentations esthétisées qui exaltent les héros d’un camp, leurs morts et leurs victoires (monuments, cénotaphes, tableaux martiaux….). La propagande au vingtième siècle mobilisa des représentations réalistes, depuis des photos truquées jusqu’aux films de fiction, pour incarner les symboles du Bien et du Mal et pour entraîner les foules.
Pourtant la notion de « guerre de l’image » est surtout liée à la télévision.
Après le Vietnam, les stratèges U.S. se persuadent qu’ils ont perdu la guerre parce que le public U.S. a été démoralisé par les photos des victimes emblématiques de la guerre (comme une petite fille sous le napalm) ou par les séquences réalistes des boys périssant au loin. Les médias permettent désormais à l’arrière de constater de visu que la guerre, cela sert d’abord à faire des morts. D’où l’idée que la guerre de l’image sera l’art de montrer ou de cacher les bons morts et les bonnes victimes.
La première guerre du Golfe – surabondance de moyens télévisés permettant de suivre les événements en live mais avec zéro mort visible -, la guerre du Kosovo - où les caméras se concentrent sur la souffrance des réfugiés et transforment la guerre en opération humanitaire -, les opérations en Somalie – une sanglante bavure filmée entraînant le retrait des Etats-Unis –, autant de nouvelles étapes. Dans tous les conflits actuels qu’il s’agisse de la seconde Intifada, du 11 Septembre, de l’Irak ou de Gaza, la lutte des armes se double d’une lutte pour contrôler les images de la souffrance et de la mort.
Aux méthodes occidentales plus ou moins contraignantes visant à obtenir une image « propre » sans dégâts cathodiques collatéraux s’oppose une stratégie de perturbation de type terroriste : cassettes testaments de kamikazes ou exécutions filmées et diffusées sur Internet. La guerre de l’image devient la lutte pour imposer face à l’adversaire des images ayant une forte charge émotive et symbolique à commencer par celles des sévices à la prison d’abou Graibh. Cette guerre se déroule sans frontières, à la fois sur la Toile et sur les écrans de télévision. Il est désormais de plus en plus difficile de contrôler les images sur son propre territoire. Quant au champs de bataille international, la rivalité entre les télévision américaines par satellite de type CNN et les télévisions dites « arabes » comme al Jazira laisse présager d’autres affrontements.
Arme de séduction de fascination, d'incitation, de distraction, de leurre, d'agression symbolique, d'humiliation..., les panoplies de l'image ne nous ont pas encore révélé tous leurs usages...
La citation M. Mc Luhan «
Les guerres chaudes du passé se faisaient au moyen d’armes qui abattaient l’ennemi homme par homme. Même les guerres idéologiques consistaient au XVIII° et XIX° siècle à convaincre les individus un par un d’adopter un nouveau point de vue. La persuasion électrique par la photographie, le cinéma et la télévision consiste, au contraire, à plonger des populations tout entières dans une nouvelle imagerie. » Pour comprendre les médias 1968