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Information, pouvoir et usage : l'infostratégie
Révolution de la communication
Une tradition intellectuelle, remontant au moins à Saint-Simon et à son rêve du « gouvernement des choses » fait de l’amélioration conjointe des connaissances scientifiques et des moyens de communication une force par nature pacificatrice. Réduction des obstacles que l’ignorance dresse entre les hommes, amélioration des méthodes de gestion et de prédiction sociale, effets bénéfiques et apaisants de l’abondance engendrée par la technologie, mais aussi transfert de l’essentiel de l’activité humaine de la production de choses (dont la possession est, par nature, objet de rivalité) vers l’accroissement des savoirs ou le maniement des signes. Voilà une thématique optimiste qui fait le lien entre les prophètes du chemin de fer ou du télégraphe et ceux d’Internet.

Le tout débouche au final sur l’idée de l’abolition de la politique (par nature irrationnelle et passionnelle) au profit de la technique et de la communication, mais aussi sur l’espérance d’une abolition des frontières (forcément « obsolètes ») et d’une unification de l’humanité (village global par exemple).
Dans les dernières décennies du XX° siècle, ce rêve d’une ère post-industrielle prend la forme de l’attente d’une société que l’on dira du savoir, de l’information ou de la communication (même si ces trois notions ne se recouvrent que très partiellement) ou encore « société en réseaux ».

L’idée est que l’accroissement du savoir disponible, joint à la facilité de traitement et de partage des données, deviendra le moteur du changement social. La technologie de la communication est jugée porteuse d’un impact sans précédent sur les champs politiques, économiques, culturels. La connaissance est envisagée comme source du changement et ressource essentielle, chaque jour davantage disponible. L’élimination du risque et du conflit apparaissent comme des objectifs proches. Dans cette optique, penser le politique en termes de luttes pour le pouvoir, l’économique comme compétition pour des ressources et la culture comme expression de valeurs hétérogènes, c’est pire que pessimiste, ringard. Il s’agit de suivre le nouveau sens de l’histoire.
Ce discours suscite des critique aux tonalités souvent apocalyptiques ou des protestations contre les mauvais usages de ces technologies, ou leur inégale répartition (la « fracture numérique »). Beaucoup soupçonnent les TIC de reproduire rapports de pouvoir et inégalités (voire, tout simplement, de dissimuler l’hégémonie américaine) et de creuser les inégalités plus qu’elles ne les comblent. D’autres craignent la catastrophe informatique : un monde déshumanisé.
Dans le même temps aussi, prolifèrent de surprenants mouvements culturels et sociaux pour, contre et par la technologie. En témoignent les revendications du droit à la cryptologie, les pirates informatiques et libertaires, les " e-militants " antiglobalisation ou les associations anti Big Brother défendant les libertés via les nouvelles technologies.

La citation : P. de Flichy « Mais les annonces d’une révolution de la communication ne datent pas d’aujourd’hui, elles ont également fleuri à la fin du XIX° siècle, lors de la naissance de la radio…Les mêmes réformateurs sociaux espèrent résoudre les difficultés de l’école ou revivifier le fonctionnement de la démocratie, les mêmes Cassandre voient dans le média qui apparaît une menace pour la culture ou les libertés des citoyens, les mêmes idéologues voient poindre l’aube d’une nouvelle civilisation. » L’imaginaire d’Internet 2001

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