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Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie > Terrorisme
Définition du terrorisme


La définition du terrorisme suscite des controverses inépuisables. Faut-il parler de terrorisme/répression d'État  ou réserver l'appellation pour des acteurs non étatiques, des combattants qui décident de prendre les armes illégalement, car, justement, ils n'ont pas de pouvoir politique ni les moyens de la violence d'État ? Est-on terroriste seulement si l'on s'en prend à des régimes démocratiques (qui permettraient de s'exprimer au moment des élections, par exemple) ? et ceux qui luttent contre des dictatures cessent-il d'être terroristes pour autant ?  Quel degré d'injustice et de violence autorise à utiliser le moyens du terrorisme ? Quelle différence entre le terrorisme et une résistance légitime (contre une occupation ou un pouvoir illégitime), mais aussi une guérilla, une émeute, une manifestation violente ? Est-ce une affaire de degré de violence ou d'objectifs de la violence ? Faut il tuer des civils innocents pour être terroriste ?

Notre réponse se veut théorique et pratique. Du reste, il vaudrait bien mieux traiter de "la méthode terroriste" que  parler du "terrorisme" en soi, comme si c'était une idée platonicienne.

Dans le premier cas, le terrorisme, ou plutôt la méthode est la pratique sporadique de la violence armée et mortelle par des groupes clandestins visant des cibles symboliques à des fins politiques

Pratique : le terroriste ne se contente pas de dire, il fait

Sporadique : contrairement à la guerre qui suppose une activité continue sur le terrain, le terrorisme ne se manifeste qu'autant que ses partisans prennent des initiatives. Dans cette relation asymétrique avec le fort (généralement l'État), ils ont l'initiative

de la violence armée : si le terrorisme repose sur une bonne part de communication, il lui faut aussi des "outils", explosifs, armes à feu..., demain missiles, armes biologiques, nucléaires, chimiques

et mortelle : le risque (et souvent la volonté) de tuer un homme, c'est-à-dire de s'auto-concéder le droit à la violence mortifère que l'on croit légitime, distinguent le terrorisme d'une simple violence politique, dans une manifestation qui dégénère par exemple

visant des cibles : le terrorisme a des objectifs précis dont il explique pourquoi il les frappe

symbolique : la cible, contrairement à la guerre, n'est pas touchée pour sa capacité militaire ou sa dangerosité physique, mais pour le principe ou l'idée qu'elle incarne : l'État, la bourgeoisie, le capitalisme, l'occupant, les subversifs, les Juifs et les croisés, etc.

à des fins politiques : même si le terrorisme comporte une large part de souci de vengeance ( le prix du sang versé, la riposte à une attaque "terroriste" venant de l'État ou des oppresseurs), il vise à obtenir un changement politique : la réparation d'une injustice, un changement constitutionnel, une révolution, la fondation d'un nouvel État, un avantage politique....

La seconde définition serait, trivialement : commettre des attentats contre des objectifs politiques.  Après tout, la police ou l'armée peuvent commettre des atrocités mais pas des attentats et l'attentat, une attaque soudaine par bombe, coup de feu, sabotage, prise d'otage, enlèvement..., accompagnée d'un message idéologique de revendication, menace, défi, appel au peuple, etc.. est quand même la manifestation la plus courante du terrorisme.

De cette définition découle une double approche :

-Le terrorisme loin d’être une violence « gratuite » ou « absurde » obéit à des logiques propres à leurs auteurs. Comprendre ce que veulent les terroristes et ce qu’ils veulent dire est une priorité car ces fins, par rapport auxquelles le terrorisme n'est qu'un moyen, ne sont pas seulement militaires ou criminelles, elles sont aussi communicationnelles et symboliques.

-Le terrorisme se plie un principe d’économie, en fonction des facilités qui s’offrent à lui. Il doit donc y avoir une logique, d’impact ou d’écho maximum, dans le choix de ses cibles, de son calendrier, de ses méthodes. Ces facilités qui reflètent la nature de son adversaire au moins autant que la sienne. À ces facilités répondent des fragilités terroristes. Elles sont à comprendre dans le cadre général de la guerre asymétrique de l’information à laquelle nous assistons chaque jour.

Cette définition permet, nous semble-t-il  :
-de sortir du faux-débat sur terrorisme et terrorisme d’État, dits aussi terrorisme d’en haut et d’en bas. Sur le plan moral ou politique, les moyens par lesquels un État terrifie ou extermine une population peuvent être plus abominables encore que le terrorisme « privé ». Mais, pour nous, un terroriste – à l’inverse d’un tortionnaire – n’a pas un uniforme ni ne va au bureau.

- de ne pas se perdre dans le distinguo très politique entre terroristes et « combattants de la liberté », c’est-à-dire entre un terrorisme qui s’en prendrait à des victimes innocentes ou se substituerait à la protestation démocratique et, d'autre part, des formes de résistance par les armes rendues légitimes par la nature oppressive de l’ennemi, si, par exemple, il occupe un territoire de force ou interdit toute forme d’opposition légale.

-de ne pas définir –de façon tautologique– le terrorisme par la recherche de la peur ( et d'ailleurs, il ne se réduit pas à son effet de menace) -de ne pas insister comme le font les définitions prédominantes aux U.SA. sur la notion de victime non-combattante, absurde si l’on songe à la proportion de civils que touchent les conflits modernes.

- de dépasser la définition légale française (certains actes criminels punissables en eux-mêmes, plus intention de « porter gravement atteinte à l’ordre public »), utile pour le juriste mais guère pour le chercheur.



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