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La démission de Karl Rove
Le spin doctor de G.W. Bush s'en va

Karl Rove, le spin doctor le plus célèbre du monde, alias "le cerveau de Bush", manitou du marketing politique et de la communication de guerre vient de démissionner. Symptôme de la crise chez les néo-conservateurs et de la politique spectacle.

Le départ du conseiller de G.W.B., le "baby genius" qui a fait sa carrière de puis 1993 et l'a suivi à la Maison Blanche prend un sens très lourd dans un contexte où l'élection présidentielle de 2008 se présente au plus mal pour les Républicains. Dans une interview au Wall Street Journal, il se montre pourtant optimiste : le président remontera dans les sondages, les Démocrates se diviseront d'ici l'élection (pour laquelle ils choisiront, d'ailleurs, Hilary Clinton comme candidate), les choses iront mieux en Irak (un thème qui est revenu récemment). Quant à lui, il écrira tranquillement ses mémoires... Mais le cœur n'y est plus.

Après avoir manqué d'être emporté dans le scandale Valerie Plame (ce fut le lampiste "Scooter Libby" qui paya à sa place), après avoir été tenu pour responsable de l'échec des élections de mid-term après être devenu la tête de Turc des Démocrates majoritaires, notamment pour son rôle dans l'affaire des Armes de Destruction Massives en Irak dans le White House Irak Group, après quelques petits scandales, Rove craque.

Mais derrière la personne du spin doctor, se pose une question de fond, celle de la politique inspirée par les néoconservateurs.
Elle reposait sur une double argumentation, celle de la moralité et celle de l'efficacité. Sur le premier point, contrairement à ce qu'écrivent nombre de commentateurs, les "néocons", même s'ils professent parfois la théorie du mensonge nécessaire, se voient comme incarnant retour aux valeurs fondamentales, à la fois celles de la religion, de tradition philosophique occidentale et des pères fondateurs des États-Unis. Ils s'opposent sur ce point à la Realpolitik à la Kissinger, et proclament, par exemple volontiers, qu'il faut cesser de s'allier à des régimes tyranniques et qu'une des missions des USA est de répandre la démocratie dans le monde.

Quant au volet "argument d'efficacité" de leur discours, il s'appuie - ou s'appuyait - sur l'expérience des années Reagan et sur l'idée que, quand on applique ses idées, que ce soit en économie ou en politique étrangère, avec assez de confiance en soi et d'énergie, elles gagent à tous les coups.
Il n'est guère besoin de rappeler combien ils ont perdu sur les deux fronts. Le problème principal des États-Unis n'est plus la toute puissance des néocons (et moins encore leur supposé complot) : leur défaite idéologique et politique semble acquise.

Le vrai problème est sans doute de savoir s'il existe une doctrine de rechange. Ceux qui fondent des espoirs sur l'élection de la gentille Hillary ou du politiquement correct Obama en 2008 pourraient être surpris. Un thème sur lequel nous reviendrons. D'ici là, nous reprenons (à télécharger ci-dessous) un texte vieux de trois ans où nous tentions de décrire le phénomène néoconservateur.




 Télécharger le texte sur les néoconservateurs en PDF
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