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Al Qaeda : jiahad et dialogue sur Internet
Zazwahari fait la Foire Aux Questions

Al Qaeda découvre-t-elle les délices de la démocratie participative, des forums et du journalisme citoyen ? Une incroyable dépêche de l’AFP de Dubai nous apprend que l’organisation invite « tous les médias et tous les individus » à poser leurs questions – certes brèves et signées – au cheikh al Zawahiri qui s’efforcera d’y répondre dans les plus brefs délais. Il suffira pour cela de s’adresser aux sites pro-islamistes as Sahab qui est aussi sa "société de production audiovisuelle" et al-Fadr avant le 16 Janvier..
La proposition semble si saugrenue que l’on songe un moment à un canular d’un hacker ingénieux, à un piège délirant des groupes de « psyops » américains destiné à identifier des sympathisants ou encore à une forme d’humour de l’idéologue d’al Qaeda cherchant à parodier notre obsession occidentale de la com à tout prix.
Et si c’était vrai ?

Rappelons qu’al Zawahri, bien plus prolixe que ben Laden, s’est exprimé plus d’une dizaine de fois cette année, en audio ou en vidéo et que ses http://www.minbar-sos.com/forum/showthread.php?t=2880>(voir quelques exemples sur ce site) s'inscrivent dans la logique du terrorisme comme propagande par le fait. Zawahiri pense son action comme un acte pédagogique pour encourager les musulmans au jihad défensif (un acte religieux obligatoire et non du terrorisme à ses yeux). Mais il s'adresse aussi souvent aux non musulmans pour leur répéter qu'ils sont trompés par leurs gouvernants. Inlassablement, al Zawahiri "explique" aux opinions publiques occidentales que leurs chefs les mènent à l'échec que ce soit en Irak (il se félicitait récemment de la "fuite" des troupes britanniques d'Irak) ou à travers la rencontre d'Annapolis. Quelques jours après les attentats d'Alger, cette politique alternant massacre et appel au dialogue numérique peut déconcerter, mais elle ne contredit pas la pratique d'al Qaeda.

Et as-Sahab souvent présenté comme "la branche médiatique" d'al Qaeda a renforcé récemment son activité de propagande, du reste de plus en plus sophistiquée, présentant de véritables émissions alternant prédications des chefs et images d'actualité.
Reste maintenant à savoir comment interpréter ce prurit d'expression. La parole est-elle le symptôme de la carence de l'action ? La force du verbe compense-t-elle la faiblesse de l'autorité ? Pour le dire plus clairement, l'organisation jihadiste s'est elle tant décentralisée et a-t-elle suscité tant de branches, sous-branches et groupes affiliés, que les chefs "historiques" ne contrôlent plus vraiment grand chose ? et qu'ils doivent prouver leur importance par leur présence médiatique ? L'horrible routine des actions signées ou attribuées à al Qaeda pourrait bien avoir érodé son impact sur l'opinion : s'il n'y a pas d'escalade spectaculaire possible, les jihadistes pourraient bien se tourner vers ce qui leur tient lieu de marketing politique








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