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Degré zéro : Paris Hilton sauve la planète
Politique hollywoodienne et clip idéologie

Paris Hilton , entre people emblématique et Bimbo transcendentale, va sauver la planète, ou du moins sauver Obama des attaques du "vieux mec tout ridé", son rival. tel est le non-événement qui agite le monde de la politique-spectacle.

Rappelons les faits :

- temps I : Mc Cain produit un spot télévisé où l'on voit les foules acclamant Obama à Berlin, entrecoupées de photos de Britney Spears et Paris Hilton, le texte dit : "il est la plus grande célébrité au monde.. mais est-il prêt à prendre le commandes ?"

- temps II : sur le site parodique "Funny or Die", la starlette en maillot de bain léopard se moque de Mc Cain. Elle feint de présenter sa propre candidature à la présidence et développe même son programme sur le réchauffement climatique. C'est vachard (MC Cain comparé à un Gremlin cacochyme : il est rappelé qu'il est si vieux qu'il a connu la bière en bouteilles) et plutôt drôle.

- temps III, essayant de rattraper le coup, des assistants de Mc Cain signalent que parmi les mesures proposées par Paris Hilton, il y en a qui figurent sur le programme du candidat républicain. Mais surtout, ils tapent sur le même clou dans le spot suivant : Obama n'est qu'un homme du spectacle et des promesses creuses, il n'a pas de réel programme sur la question énergétique, sinon augmenter les impôts.



 Cette affaire grotesque ne doit pas faire oublier quelques évidences :



- Tous les records ont déjà été battus en termes de marketing politique : pour ne parler qu'argent, les frais déjà pharaonesques de la campagne de 2004 GWB contre Kerry vont être largement dépassés. D'après une étude, rien qu'en spots télévisés, Mc Cain et son parti ont dépensé près de 25 millions de dollars entre les primaires et le début Août. Obama (pour une fois, le candidat démocrate semble plus doué que le républicain pour collecter l'argent) sans doute dans les 30 millions. Résultat : les téléspectateurs américains ont pu voir 100.000 (nous disons bien cent mille) spots à la gloire de l'un ou l'autre candidat.



- Il y a une différence de forme. Les communiqués et annonces télévisées (à voir sur You Tube ou Le Monde) de Mc Cain (on  sont plus agressifs : une partie est toujours consacrée à attaquer Obama sur un double thème :

- la vacuité (c'est une star chochoutée par les médias qui ne sait dire que "il suffit d'espérer") et

- l'inconstance du personnage dont les actes ne sont pas en rapport avec les paroles. Face à cela, Mc Cain se positionne comme le candidat du "caractère" et du réalisme (et qui l'a prouvé à la guerre ou en politique) et comme l'homme qui est vraiment préoccupé par les problèmes du pays (sous-entendu : celui qui sera vraiment candidat à la présidence, pas au rôle de superpeople).



Les annonces d'Obama jouent dans un registre plus positif et plus dans une tonalité "donnons nous tous la main", "tout ira mieux" ou "votez pour l'espoir".

Cependant, il faut rappeler qu'il existe une tradition républicaine des annonces télévisées négatives, tandis que les démocrates peuvent davantage compter sur des alliés dans le monde des médias pour ridiculiser leurs adversaires à la façon de Michale Moore. Et l'agressivité des spots anti McCain (gâteux, belliciste et vendu aux compagnies pétrolières) n'est pas négligeable non plus.



Ces nuances faites, la campagne entre clips sexys et pubs des années 60 reste dans le registre de la différence marginale : espoir contre caractère, changement contre dévouement...

Reste à savoir si les qualités d'Obama (son charisme, sa popularité hors frontières) peuvent se transfomer en faiblesses (manque de crédibilité, voire risques comme le montre un récent sondage où la majorité des électeurs pensent que ce choix est le plus risqué ). Pour sa part, Mc Cain mène une campagne plus terre-à-terre et sans paillettes (prix de l'essence, impôts vie quotidienne des vraies gens) et insiste sur son côté "valeurs américaines".

Au moment où la vraie campagne n'a encore pas commencé et où les sondages ne donnent qu'une légère avance à Obama (mais bien moindre qu'à Kerry à pareille époque) tou reste possible dans une élection qui ne se jouera certainement pas sur nos critères européens.








































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