huyghe.fr - Le site de François-Bernard Huyghe
OK
 Sur Twitter : @huyghefb
 Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie
 Terrorisme
 Affrontements, stratégies et images
 Information, pouvoir et usage : l'infostratégie
 Intelligence économique : du savoir à l'influence
 Pouvoirs et information
 Transmission et communication : la médiologie
 Médiologie au présent
 Médiologie de l'histoire
 Divers
 Textes à télécharger
 Huyghe Infostratégie Sarl
Information, pouvoir et usage : l'infostratégie > Pouvoirs et information
Campagne US
Petit jeu de rôles

 Paradoxes de campagne US

La campagne s'accélère, alors que se préparent les conventions (fin Août pour les démocrates, une semaine plus tard pour les républicains), avec la difficile étape de la désignation du colistier (donc l'énorme problème Hillary Clinton pour Obama).

Chacun s'efforce de peaufiner son image  :

- Mc Cain tape sur le même clou (il est le type de caractère, proche des vrais problèmes des gens, soucieux des intérêts américains et en particulier du niveau de vie et du prix de l'énergie, tandis que son rival est un "flip-floper", qui change toujours d'avis, veut augmenter les impôts et est incapable de "remplir le job")

- Obama continue à se rencentrer et à se rapprocher de l'Amérique profonde (en particulier les cols bleus qui lui préféraient Hillary) tout en traitant son adversaire de Bush III (il n'a rien à proposer et son seul argument est d'essayer de faire peur).

Pourtant la campagne réserve quelques suprises. Ainsi en politique étrangère où on s'atendrait à ce qu'Obama soit le candidat de l'angélisme "wilsonien" et Mc Cain celui de la realpolitik.

Or, à propos de la Géorgie, MC Cain n'a pas de mots assez enflammés pour condamner Poutine au nom des droits de l'homme et pour appeler à la fermeté Américains et Européens (il demande même l'expulsion de la Russier du G8 !). Aujourd'ui, a t'il dit, "nous somme tous Géorgiens".
Obama, tout en critiquant l'offensive russe, est un des rares dans le concert occidental antirusse à rappeler les responsabilités de la Géorgie dans cette affaire, à condamner son recours à la force en Ossétie et en Abkahzie et à réclamer un nouveau statut pour les deux provinces indépendantistes.

Surtout un étrange document publié par Atlantic Monthly ouvre de nouvelles perspectives : toute un série de memos et de notes de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, en particulier du principal responsable de la stratégie, le spin doctor Mark J. Penn.

On y apprend en particulier les axes de la campagne que devait mener Hillary contre Obama :

-1 Le thème du parole et paillettes : Obama est certes populaire, mais il se contente de parler et n'a jamais agi.

-2 Son passé n'est pas si clair : ses liens avec le pasteur extrémiste Jeremiah A. Wright Jr, ses rapports avec Tony Rezko, grand contributeur financier à sa campagne et inculpé de fraude... Il va bien falloir parler des sujets qui fâchent

- 3 Obama n'est pas "profondément" américain. et cela non pas en raison de sa couleur de peau (un sujet explosif à évoquer) mais parce qu'il fait partie des élites cosmopolites coupées des préoccupations des Américains moyens. Il n'incarne pas les "valeurs américaines".

- 4 Il faudrait faire une campagne sur des thèmes patriotiques.

- 5 Mais il ne faut pas l'attaquer trop directement (d'autres s'en chargeront) car ce serait courir soi-même le risque d'apparaître uniquement négatif (ve)

Sauf peut-être sur le point 5 (Mc Cain a multiplié les publicité négatives moquant son rival tantôt comparé au Moïse de la Bible, tantôt à Paris Hilton), il n'y a rien que n'aient appliqué les conseillers en communication républicains.

La vraie question de la campagne pourrait donc être : Hillary peut elle faire battre Obama ?

 Imprimer cette page