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Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie > Terrorisme
Grèce : le retour des émeutes
Manifestations commémoratives et routine terroriste

Le nouveau gouvernement socialiste grec semble avoir pris au sérieux les manifestations commémoratives du 6 décembre en mémoire du jeune Grigoropoulos : 150 arrestations préventives (dont des Italiens et Albanais), 75 arrestations le jour même à l'occasion d'échauffourées... La mort d'Alexis Grigoroupoulos tué par un policier il y a exactement un an avait enclenché les émeutes de l'hiver 2008. La conjonction de la maladresse policière, de la situation objective d'une bonne part de la jeunesse du pays (système éducatif public inefficace, petits boulots mal payés...) et d'une sorte de "retard" idéologique par rapport au reste de l'Europe (poids du marxisme encore très prégnant, souvenirs de la guerre civile de 49 ou du soutien des USA au régime des colonels), tout cela forme évidemment une spécificité du pays. Mais derrière la vigueur des mouvements anarchistes, des squats et des émeutes urbaines pourrait pointer un risque plus important. Dans une relative indifférence de ses voisins, la Grèce possède aussi une sorte de tradition terroriste aussi mal connue que persistante. Mitraillages, bombes et tirs de roquette et menaces contre journalistes et politiciens ne sont pas rares dans un pays que la plupart des Français considèrent comme une destination de vacances de tout repos.
Le mouvement le plus connu, "17 novembre", créé en 1975 (et héritant d'un mouvement de résistance à la dictature des colonels), a "tenu" jusqu’en 2002, il est vrai très mollement poursuivi par la police. En 2002, un de ses membres a fait exploser par accident la bombe qu'il transportait, ce qui a mené à l’arrestation d’autres participants. Or "17 Novembre" a tué vingt-trois personnes, presque une par an durant un quart de siècle sans subir aucune arrestation.
Parallèlement, le groupe ELA (Ellinikos Laikos Agonas- Combat populaire grec) a exercé de 1974 à son auto-dissolution théorique en 1995 ; il  a à son actif 250 attentats contre des cibles américaines ou policières et des bâtiments officiels.
Plus récemment (de 2003 à 2009), l’organisation hellénique Lutte Révolutionnaire (Epanastatikós Agónas) a pris le relais avec des tentatives d’assassinat, des tirs (dont ue roquette) contre des bâtiments officiels, quelques bombes... Une toute récente dissidence "Secte Révolutionnaire " (Sekta Epanastaton) pourrait constituer un troisième étage de la fusée ou le chaînon suivant. La "Secte" est soupçonnée d'avoir tué un policier de garde et sa rivale "Lutte révolutionnaire" d'avoir posé plusieurs bombes au cours de l'été 2009. On commençait dès cet été à parler de la "routine terroriste" grecque que l'on attribue à des "anarcho-autonomes requinqués" par les mobilisations de décembre 2008.
À quelques jours du quarantième "anniversaire"  des années de plomb (déclenchées par l'attentat de la gare de Bologne en décembre 69, nous y reviendrons), sans commencer à fantasmer sur le spectre du terrorisme qui hanterait l'Europe, un dossier à suivre.


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