huyghe.fr - Le site de François-Bernard Huyghe
OK
 Sur Twitter : @huyghefb
 Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie
 Terrorisme
 Affrontements, stratégies et images
 Information, pouvoir et usage : l'infostratégie
 Intelligence économique : du savoir à l'influence
 Pouvoirs et information
 Transmission et communication : la médiologie
 Médiologie au présent
 Médiologie de l'histoire
 Divers
 Textes à télécharger
 Huyghe Infostratégie Sarl
Information, pouvoir et usage : l'infostratégie > Pouvoirs et information
De Stockholm à Copenhague, d'une apocalypse l'autre
De quelques prédictions pas si anciennes

Nous allons sauver la planète à Copenhague, n'est-ce pas ? Jamais mantra n'a été répété par autant de croyants. Qui oserait douter du réchauffement climatique, de son urgence et de ses conséquences apocalyptiques ? Même après la révélation du climatgate (un pirate a publié de milliers de mails d'un institut de recherche sur le climat qui laissent pour le moins planer un doute sur le sérieux des anticipations), personne n'en doute qu'il soit chef d'État ou people, présentateur de télévision ou pubeur.
Et pourtant vous souvenez vous des prédictions du club de Rome, de la croissance zéro, des pluies acides, ou de la conférence de Stockholm de 1973
Relisons quelques pages que nous écrivions en 1995 :

Extrait de "Les experts ou l'art de se tromper", (Plon 1996)


Grandes étape de ce singulier processus d’anticipation, amnésie et recyclage des idées qui caractérisa l’évolution de la thématique écologique : le débat sur l’énergie. C’est à propos de l’énergie que se révèle le mieux combien la prédiction écologique se basait sur le principe du “mauvais embranchement”. Les chantres de la société de l’information raisonnaient à partir de l’opposition énergie - information, l’une et l’autre étant censées définir un type différent de société et de valeurs opposées. La conclusion était qu’il fallait s’adapter au plus vite (le fameux “retard culturel” sur le technologique) pour que cette heureuse révolution produise tous ses effets. Les écologistes précédent différemment. Face à un principe radicalement pervers, celui de la croissance, (avec toutes ses connotations : le “productivisme”, l’agressivité de l’homme envers la Nature, notre “oubli” de la loi naturelle, notre orgueil de créature qui ose lever la main contre sa mère, etc..) ils entendaient faire appel à un principe salvateur non moins radicalement inverse.

Le débat sur l’énergie servira donc de catalyseur à toutes ces aspirations, et ce pour de multiples raisons. La première est théorique : l’énergie, concept vague s’il en est, concentre toutes les peurs ; elle est le principe fondamental, à la fois le symbole de la technique, la force qui meut les machines polluantes et dévoreuses de ressources rares, la force qui est elle-même rare et destructrice ; avec l’énergie,  mesure et condition de la consommation suicidaire, on atteint au coeur du système, au principe du productivisme.
A énergies nouvelles, technologies nouvelles et donc société nouvelle, déduisent certains. Inventer “d’autres énergies” apparaît comme la première étape de la construction d’un contre-modèle, et l’on sait combien le courant utopique rêva sur les “énergies alternatives” et combien il en expérimenta toutes les variétés.
Qui dit énergie dit aussi atome et les thèmes antinucléaires servent de déclencheur. Sans les luttes contre les centrales et les surgénérateurs, contre le complexe militaro-industriel, les multinationales et l’État autoritaire, centralisateur et bureaucratique représenté par la technocratie EDF, figures emblématiques de l’imaginaire de l’époque, le mouvement écologiste français ne serait pas ce qu’il est. “Société nucléaire, société policière” disaient les slogans.
Enfin, dernier élément circonstanciel : ces luttes coïncident avec le développement du programme électro-nucléaire français qui, pour des raisons évidentes, est contemporain de la crise pétrolière. Le “vive la crise” qui retentit alors encourage les projets alternatifs : à nous de saisir la chance qu’offre l’initiative de l’OPEP et profiter de la pénurie de pétrole et du dysfonctionnement du système pour imposer la fameuse alternative. “Voilà que grâce à nos amis arabes nos courbes exponentielles piquent du nez. Voilà que nous avons de bonnes excuses pour arrêter des programmes technologique aberrants, voilà que la course à la bouffe et à la bagnole est remise en question. Voilà que la porte s’ouvre et qu’on aperçoit un coin de ciel bleu.” s’extasie le Sauvage. C’est enfin un grand moment d’espérance et d’expérimentation : le paradis vert apparaît tout proche à certains. Ils sont, il est vrai, encouragés par une ribambelle d’experts.
La “C.E.Z.” (la croissance énergétique zéro) vient s’ajouter au zéroïsme et zégisme (respectivement la croissance zéro tout court ou la population à croissance zéro.) Pour ne citer qu’un exemple, en 1974, la très sérieuse Fondation Nationale des Sciences, institution américaine considérée comme l’équivalent de notre C.N.R.S. annonce : “Dans cinq ans, l’Amérique se chauffera entièrement au soleil, dans dix ans elle lui devra tout son air conditionné, dans quinze ans la totalité de sa production électrique” et ajoute “Il n’existe plus aujourd’hui d’obstacle d’ordre technique, seulement un problème de prix : or même sur ce plan, le soleil pourra dans une dizaine d’années concurrencer les autres formes d’énergie.” Et personne n’a oublié la place énorme que tenait l’alternative énergétique et les “autres énergies” dans le discours officiel socialiste jusqu’en 1981, ni d’évoquer certaines expériences concrètes comme la centrale solaire de Thémis qui fonctionna de 83 à 86 et se révéla un gouffre financier.
A l’évidence, nous avons oublié ou censuré les prévisions que l’on faisait sur le nucléaire ; nous ne nous souvenons plus de l’époque où, sur la base des rapports d’experts selon “l’hypothèse la plus optimiste”, l’énergie nucléaire de fission fournissant le tiers du besoin des pays les plus développés vers l’an 2000, il faudrait entre temps pour maintenir constant le parc de centrales nucléaires construire “pendant cent ans deux réacteurs par jour dans le monde.” Le transport des 15000 tonnes de plutonium qui s’ensuivrait aurait du engendrer entre autres maux une multitude de cancers. Il était même “réaliste d’envisager un cancer pour 10000 particules de plutonium”.
Il est vrai qu’à peu près à la même époque, 1974, on estimait que les besoins énergétiques de la planète tripleraient d’ici la fin du siècle. Parmi les remèdes que proposait Roger Garaudy, la possibilité “excluant toute régression utopique vers les paradis chimériques de la “pure nature” et de la “convivialité”, d’une “culture” sans conditionnement historique, ou d’un ascétisme imposé” ce qui  “non seulement n’exclut pas, mais implique : une réduction de la durée du travail, une baisse des prix, une diminution des impôts ; car de considérables économies (de l’ordre de la moitié du “produit national brut” de la nation, comme l’a démontré la jeune école d’économie américaine) peuvent être réalisées par la suppression des activités parasitaires nuisibles” .


La guerre solaire


Jusqu’au début de la décennie 80, on rivalise d’ingéniosité pour proposer des solutions réalistes de substitution. Le charbon a ses partisans. Ainsi, pour un ancien président des charbonnages de France : “ Il reste que sur la base du rapport du prix actuel qui a quelque chance de demeurer, chaque tonne de pétrole remplacée par du charbon économise 200 dollars en devises... pour 1 milliard de tonnes de charbon échangé, c’est en perspective près d’une centaine de milliards de dollars que l’on peut attendre en retombées commerciales. En tant que premier importateur mondial, la Communauté Européenne est particulièrement bien placée pour saisir cet enjeu...” 
Au sommet de Venise du 23 Juin 80, la réunion des sept pays les plus industrialisés prévoit l’évolution de la consommation énergétique des dix prochaines années et proclame : “Dans le même temps, nous comptons doubler la production et l’utilisation de charbon d’ici 1990” Conclusion : “Il n’y a pas d’autre alternative pour couvrir une part substantielle des besoins nouveaux qui s’exprimeront d’ici la fin du siècle. C’est, à travers ce choix charbonnier, l’avenir économique des pays industrialisés qui est en cause et, dans la mesure où il est intimement lié à l’énergie, leur système de défense et sa crédibilité.” La commission Matière première et énergie du VIIIe Plan étudiait les possibilités de créer de l’essence synthétique à 35 dollars le baril avec du charbon et l’on songeait déjà au pactole qui enrichirait le Nord Pas-de-Calais et ses bassins miniers le jour où l’Amérique viendrait s’y fournir. Quant à la Bretagne, elle servirait “de phare au reste de la France en matière d’énergie verte, notamment pour le gaz de fumier et de lisier (de porcs)” déclarait un responsable du ministère de l’Agriculture.
La biomasse, le biogaz, la géothermie, l’hydroélectricité, les éoliennes font l’objet d’anticipations enthousiastes. Les preuves de leur viabilité s’accumulent. L’air du temps est au lyrisme, et dans un climat d’expérimentation tous azimuts, la quête des nouvelles énergies va de pair avec celle des technologies que l’on dit “douces,” “conviviales”, “à visage humain”, “appropriées”, “intermédiaires”, de “substitution”. Les technologies se rangent en deux catégories : il y a celles qui renforcent le pouvoir des grandes structures centralisées, de l’État et du Système, demandent une organisation hiérarchique de la production, gâchent de l’énergie et des ressources, et puis il y a les bonnes, les économes, les souples, les durables, intrinsèquement porteuses de contre-valeurs et agents objectifs d’un contre-modèle. Par elles, l’outil qui asservissait son utilisateur le libérera. La tentation est forte de faire de l’expérimentation sauvage en communauté : un four à pain bio, un compost seront plus efficaces pour changer le monde qu’un tract ou une manif. C’est ce que symbolisent des initiatives comme celle des Amis de la Terre qui installent en 1978 un aérogénérateur sur la ferme des Boissieu dans le Larzac (la ferme de Homs).  Comme celle des innombrables fermes bio, coopératives, réseaux et autres structures alternatives par lesquelles cherche à s’exprimer l’aspiration vague à une autre vie. Avec en arrière-plan l’idée que le temps donnerait raison à tous ces inventeurs de futurs différents et justifierait toutes ces arches de Noé.
 Certains entrevoient déjà la victoire : “Les énergies renouvelables - l’énergie solaire et ses dérivés - remplacent petit à petit les énergies de réserve ; une période de transition jusqu’en 2020 ou 2050 selon les prévisions de certains experts écologistes, permettrait d’établir un régime énergétique stable basé sur des énergies renouvelables (solaire, hydraulique, éolienne, végétale)”  prévoit Dominique Simonet.
Tout se résume dans l’opposition nucléaire contre solaire. Le premier ne symbolise pas seulement Hiroshima et la nouvelle peste atomique, les chaudrons du diable et la radioactivité invisible, il représente un ordre détesté. Aux fantasmes de la maladie et de la mort (mutants en tous genre et cancers galopants) se mêlent ceux qui mettent en scène les nouveaux maîtres de  l’atome, les froids dirigeants d’un monde où la maîtrise du nucléaire imposerait la contrôle des hommes. André Gorz a identifié ces monstres :”"La chevalerie nucléaire comprendra donc des dizaines de milliers de membres et elle contrôlera et régira des centaines de milliers de civils. Appareil militaire, elle exercera sa domination au nom de impératifs techniques de la mégamachine nucléaire."  Autrement dit, un monde dangereux risque d’être un monde autoritaire,  et le Système incapable de fournir les carottes de la société de consommation, pourrait bien recourir au bâton : “La prise en compte des coûts écologique aura, en somme les mêmes effets sociaux et économiques que la crise pétrolière. Et le capitalisme loin de succomber à la crise la gérera comme il l’a toujours fait ... l’État n’assoira plus son pouvoir que sur la puissance de ses appareils : bureaucratie, police, armée, milices rempliront l’espace laissé par le discrédit de la politique de parti et la disparition des parti” politiques.” 
Le solaire, au contraire suggère, par essence, des connotations douces et non-violentes : il symbolise les principes de gratuité, de refus du gâchis ; on espère le “tout-solaire” après le “tout-pétrole” et pour “éviter le “tout-nucléaire”. L’énergie solaire sera “au point” pour 1990 avant de s’imposer définitivement : “Une véritable politique énergétique à long terme donnera la première place à l’énergie solaire qui restera, à très long terme, la seule pour tous et pour toujours.” prévoit le professeur Roger Bernard en 1975. L’utopie solaire, bientôt oubliée au fur et à mesure que l’écologie s’engage dans les voies de l’action politique traditionnelle ou de l’action locale, marque la fin des grands projets. Les catastrophes écologiques qui frappent l’opinion (Seveso, Bhopal, Tchernobyl, etc..) mettent au premier plan des préoccupations plus immédiates.


 Du Mal absolu aux dangers multiples


Le second grand temps dans l’évolution de la pensée écologique est marqué par un changement majeur : l’ancien discours identifiait le Mal absolu (croissance, viol énergétique de l’environnement, économie de prédation ou simplement prolifération démographique), certains énonçaient la solution : économie de survie,  révolution culturelle, “autre” logique. A cause unique remède global pensait-on.
Deuxième phase : les prévisions portent sur des périls divers presque contingents (en tout cas sans cause première clairement identifiée) et les remèdes proposés n’ont pour but que d’éviter le pire, pas de refondre une civilisation. C’est le passage de l’utopie à la philosophie du moindre mal. Trois questions dominent le débat écologique, trois préoccupations correspondant à des scénarios-catastrophe : effet de serre, pluies acides et détérioration de la couche d’ozone. Or chacun de ces trois dossiers offre un remarquable exemple de querelles d’experts et de prévisions rigoureusement contradictoires.
Ainsi, pour les pluies acides, c’est la gravité et l’ampleur du péril qui font l’objet d’évaluations divergentes. Pour Claude Allègre : "Cette eau acidifie les champs, les forêts, les lacs, les rivières. On a beaucoup décrit les forêts bavaroises ou scandinaves décimées par les pluies acides. Il ne fait pas de doute qu'il existe des cas où les pluies acides ont littéralement troué les feuilles des arbres et endommagé la forêt. Toutefois, il semble que l'on ait quelque peu exagéré ces effets et que la mort de milliers d'arbres dans la forêt souabe soit due autant à des épidémies parasitaires qu'aux pluies acides." 49
Dans les années 1970, Rowland et Molina de l'Université de Californie étudient en laboratoire les effets de l’usage de composés chlorés industriels sur l'atmosphère et ils concluent qu’ils détruisent l'ozone. Le Fréon, et autres C.F.C - Chlorofluorocarbures- dérivés des hydrocarbures pétroliers et utilisés pour les aérosols, les mousses synthétiques isolantes et la climatisation sont produits à plus d'un million de tonnes par an. Tout le monde était alors sensibilisé au problème de l'ozone stratosphérique, à cause de l'avion Concorde. Parmi les arguments avancés pour critiquer l'avion et en interdire l’atterrissage aux U.S.A., des études soutenaient que les émissions de fuel dans la stratosphère allaient détruire la couche d'ozone. Avant que l’on découvre que, non seulement, Concorde ne détruisait pas l'ozone, mais qu’il en augmentait la teneur.
Mais les mises en garde n’ont pas cessé : au cours des années 70 et 80, l’ozone aurait diminué de 6% par décennie. Mis en cause cette fois, les fameux CFC firent l’objet d’un accord mondial de protection, le protocole de Montréal, entré en vigueur depuis 1989 et qui prévoit la stabilisation, puis la diminution de leur production. Certains, comme Haroun Tazieff émettent de très sérieux doutes sur la nocivité des chlorofluocarbonnes et demandent comment un produit fabriqué essentiellement au nord détruit-il surtout la couche au dessus de l’Antarctique et au Sud. D’autres font remarquer que l’éruption d’un volcan au début du siècle précédent aurait engendré deux cent fois la production annuelle actuelle de CFC sans conséquences majeures ou soulignent que les pets de vache sont peut-être plus périlleux en ce domaine que la pollution humaine. Bref, la source à laquelle on s’adresse, la couche d’ozone augmente ou elle a été dicvisée par cinq depuis trente ans.
Mais c’est l’effet de serre qui donne lieu aux polémiques les plus complexes. Ce serait le résultat de l’action de gaz présents dans notre atmosphère, comme le gaz carbonique, le méthane, l’oxyde de carbonne, les CFC et l’ozone troposphérique, et qui, retiennent une part de la chaleur solaire. Or, ces gaz augmentant dans une proportion controversée, il en résulterait un réchauffement de notre atmosphère, encore peu sensible, mais bientôt dramatique, voire comparable à celui d’une guerre atomique.
 Selon les prévisions de l’IPPC (International Panel on Climate Change) : les émissions de carbone s’accroissent de 3% par an, doublent en 2010, triplent en 2050, la température terrestre s’élève de 1,5 à 4,5°. Il y aura du maïs en Suède et la France sera devenue une steppe épineuse .“Selon tous les calculs, annonce Jean-François Royer, la température moyenne du globe qui est de 15 degrés pourrait s’élever d’ici à la première moitié du XXI° siècle. Les changements seront sensibles dès 2030”. Pour d’autres, au pire, en cinquante ans, le niveau des mers pourrait monter de 10 à 20 centimètres, mais nullement submerger des pays entiers.
Claude Allègre relativise : “Comme le souligne fort bien Jean-Claude Duplessy et Pierre Morel, la température du pôle Sud étant de -80° à -50°C, un réchauffement de quelques degrés ne fera rien fondre du tout ! En revanche, à long terme un réchauffement pourrait décoller la partie ouest de la calotte antarctique et la faire glisser dans la mer. Pour se produire, un tel phénomène prendra au moins un siècle ou deux. Ce n'est donc pas une menace pour demain matin.. En fait la menace la plus sérieuse réside sans nul doute dans une modification de la distribution des climats, et plus encore de la distribution des pluies."
La raison de tout cela ne donne pas moins lieu à polémiques. Sur la base d’estimations qui attribuent tantôt 240 ans de vie dans l’atmosphère à une molécule de CO2, tantôt trente, on peut mettre en cause les pollutions humaines, mais aussi à l’éruption du volcan Pinatubo (qui selon certains aurait émis plus de gaz en 1991 que toute l’activité humaine en une année) ou dix ans plus tôt, à l’éruption du volcan El Chicon au Mexique, cause présumée d’un premier effet de serre.Quant à la responsabilité humaine, elle ne fait pas l’objet d’un accord général ; Haroun Tazieff objecte : “L’augmentation de la teneur de l’atmosphère en CO2 ne peut guère, contrairement à ce que certains prétendent, réchauffer de façon sensible ni la troposphère ni, surtout, le sol. Moins encore, faire fondre les glaciers...L’effet de serre, heureusement pour nous, êtres vivants, existe.” (Effet qui permet à la vapeur, au gaz carbonique etc. de retenir de la chaleur du soleil et qui explique qu’il ne fasse pas -18°C°) “Personne ne nie qu’un accroissement de la température de la troposphère et, partant du sol en résulte. Mais rien jusqu’ici n’a prouvé que cet accroissement était plus qu’insignifiant. L’effet de serre de l’an 2000 constitue le deus ex machina des savants alarmistes pour affirmer que les quatre dixième de degré que l’atmosphère a gagnés en ce siècle lui sont dus, autrement dit que les 0,03%  de “gaz à effet de serre” sont responsables du réchauffement mesuré. Or il savent parfaitement que le climat se réchauffe depuis une dizaine de millénaires, lorsque débuta l’interglaciaire qui succédait à la glaciation de Würm.” Même les organisations internationales deviennent hésitantes : un an après que 154 pays aient signé une convention destinée à stabiliser les gaz  à effet de serre, la Conférence Internationale sur le programme de Climatologie mondiale à Genève conclut au caractère très insuffisant des observations sur le sujet ; mieux, la nouvelle thèse que l’on y discute veut que l’effet de serre soit au contraire bénéfique et stimule la production alimentaire ! En 1977, il était question d’une montée du niveau des mers de 40 à 80 mètres qui entraînerait la diparition des Pays-Bas et Paris. En 1994, on parle, comme le physicine Jean-François Minster de mesures d’élévation du niveau des mers “très proche des marges d’erreur de nos instruments de mesure”
Querelles de chiffres et argument d’autorité. Cette fois, la prédiction écologique est bien rentrée dans le domaine du discours des experts : la technicité des débats, les divisions de la communauté savante ont brouillé les certitudes anciennes. Impossible de tracer une ligne de partage en fonction d’un grande vision idéologico-historique. Paradoxe de l’écologie : au moment où elle a popularisé les concepts d’interdépendance et de globalité, ils deviennent des principes abstraits, des instances invoquées de façon rituelle par le discours officiel. Ils perdent la force mobilisatrice que leur donnait le schéma finaliste des années 70.

 

 Imprimer cette page