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Wikileaks : l'art et la technique de la fuite
Observatoire Géostratégique de l'information : le N°6

Wikileaks tout le temps.Assange partout. Arrêté ici, libéré là, Aujourd'hui sur tous les écrans, demain dans toutes les librairies. L'improbable trublion, cauchemar d'Obama, aurait mérité bien davantage que Marc Zuckberg le titre d'homme de l'année. Si le fondateur de Facebook relie cinq cent millions "d'amis", en un grand clavardage planétaire, narcissique, niais et banal, celui de Wikileaks montre l'ambiguïté de la technologie et annonce de futurs enjeux de pouvoir. Le pouvoir de savoir (et d'attirer l'attention de millions de gens) contre celui de dissimuler. Le secret de l'État - indispensable pour protéger son passé (ce qui s'est fait en son nom), le présent (ses moyens stratégiques) et le futur (ses projets) - est la clef de voûte de nos systèmes qui se disent pourtant de transparence et de gouvernance. Demain, peut-être Wikileaks va dynamiter le secret de la banque, de l'argent, de l'économie, un secret qui pourrait bien expliquer pourquoi notre système basé sur la confiance et le crédit est soumis à ces crises récurrentes. Des crises font dire au citoyen lambda "mais comment pouvait-on ignorer ?"  ou "comment n'a -t-on pas vu venir des catastrophes annoncées ?". La question n'est pas "peut-on tout dire ?", comme on le répète partout, elle est peut "peut-on empêcher de savoir ?". Il nous semble que pour des raisons culturelles (la multiplication des chevaliers blancs, whistlelblowers, dénonciateurs et autres ennemis du secret) et techniques (ce qui a été révélé une fois sera connu de tous partout), la fuite, phénomène autrefois marginal, devient un facteur politique déterminant.

 C'est pourquoi le sixième numéro de l'Observatoire Géostratégique de l'information de l'Iris est consacré à la "fuite" comme art et comme technique.L'invraisemblable feuilleton qui se déroule au rythme d'un échange de billets sur Twitter justifierait à lui seul l'existence de cet observatoire. Il illustre de la façon la plus romanesque la pertinence de son objet : une géostratégie de l'information. 


Pour ne pas céder à l'hystérie de l'actualité, nous avons décidé de traiter de Wikielaks dans un cadre plus large et une durée plus longue.


Un cadre plus large ? Les points de vue  du colonel Chauvancy (les soldats, leur droit et leurs pratiques d'expression sur les réseaux numériques) et enfin de C. Harbulot (la fuite d'information, problème crucial pour l'intelligence économique) nous rappelleront que la "fuite" est un phénomène généralisé qui menace toutes les organisations.


Une durée plus longue ? Le fait de divulguer volontairement des informations confidentielles ne date pas d'hier que ce soit dans des buts stratégiques (embarrasser un rival ou un adversaire), à des fins éthiques (pour protéger le droit de savoir du citoyen), ou pour les premiers sous le couvert des secondes.  Il n'est pas mauvais de rappeler que l'affaire Wikileaks n'est pas la première qui ait des conséquences stratégiques et qu'elle ne sera certainement pas la dernière. Voir à ce sujet le rappel de cinq fuites "historiques" par P.Y. Castagnac;


Au lecteur de se former son jugement politique et moral sur les fuites, leur moralité, leurs limites, leur danger...


À télécharger ci-dessous.



 

 4d11a8ef4acc3.pdf
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