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Information, pouvoir et usage : l'infostratégie > Intelligence économique : du savoir à l'influence
Confiance : de l'incertitude au pari
Pas de société sans confiance. Toute situation dans laquelle nous dépendons des autres pour nous informer, échanger, promettre, nous protéger, partager un secret ou un objectif, etc. la présuppose à un degré ou à un autre.
Il faut faire confiance pour savoir ou croire quelqu'un ou en quelque chose, anticiper une conduite d'autrui, estimer un risque ou une opportunité, choisir une règle de conduite.
La confiance imprègne même des rapports qui sont censés offrir une certitude (dans l'avenir ou dans le comportement humain) telle qu'elle rendrait théoriquement inutile l'élément subjectif et psychologique.
Ainsi le contrat est censé préciser les obligations de chaque partie et assurer une sanction en cas de non exécution. Mais il faut une certaine confiance dans l'attitude de l'autre (qui pourrait toujours trouver une échappatoire) ou dans sa bonne foi pour signer. Et dans les relations internationales, pour qu'il y ait des traités, il faut une règle (pacta sunt servanda), qui est une métarègle - il faut tenir ses promesses -. Elle présuppose la confiance entre des acteurs souverains qui n'ont en prince que des intérêts.  De même, aussi paradoxal que cela paraisse, le rapport de contrainte absolue, le gouvernement par la violence, la crainte et la sanction, n'existe pas à l'état absolument pur, du moins s'il perdure. Le pouvoir le plus brutal a besoin d'un minimum de justification formelle et de complicité de ses sbires. Sinon Un ne pourrait s'imposer à tous, comme l'analysait déjà la Boétie dans son fulgurant Traité de la servitude volontaire.
Ajoutons que le confiance, qui peut être accordée à une personne, à un groupe, à une institution ou à une idée varie incroyablement et par son intensité et par ses conséquences. Le voyageur qui demande son chemin a besoin de faire confiance, comme celui qui sacrifie sa vie et nous utilisons le même mot pour désigner un processus cognitif (croire pour savoir) et un engagement total (croire pour mourir).

Nous traiterons donc de la confiance à travers plusieurs dimensions :
- Dimension éthique et interpersonnelle : une forme de relation avec nos semblables, régie par des codes souvent non écrits et qu'il ne faut pas trahir
- Dimension économique et d’anticipation : toute notre économie repose depuis la Renaissance sur le crédit, la promesse (y compris cette forme de promesse qu'est la monnaie), une coopération sociale, un dynamisme qui supposent la confiance (en soi, en l'autre, en l'avenir, dans le système, et à certaines époques en Dieu)
- Dimension  politique et conflictuelle : qu'il s'agisse de faire obéir des hommes, de les faire vivre et combattre ensemble, tout ne peut pas reposer sur la carotte et le bâton et il faut cette sorte de croyance positive et incitative qu'est la confiance.
- Dimension communicationnelle et accréditive : la plupart des informations que nous avons sur le monde, nous les tenons d'une source que nous pensons fiable et, pour convaincre ou exercer une influence, il faut d'abord susciter un rapport de confiance

La confiance ne peut être ni totale ni nulle. Dans le premier cas, nous serions comme l'Idiot de Dostoïevski, le prince Mychkine, dont la foi systématique en ses semblables provoque les pires catastrophes. Si nous n'avions confiance en personne, nous serions comme Stravoguine (dans les Possédés de Dostoïevski), le nihiliste acharné à tour détruire faute de confiance.
Rien ne la garantit ni ne la produit systématiquement (même pas le don de sa propre confiance). Elle est manifestation de notre liberté et rançon de la liberté des autres.
Entre connaissance et ignorance
.Entre force et négociation.
C'est un mélange de soumission ou de dépendance et d'audace (prise de risque).
Elle est rassurante et risquée à la fois : elle touche des choses qui ne dépendent pas de nous comme disaient les stoïciens.


Puisque la confiance est omniprésente et fuyante à la fois (imprévisible, aléatoire,, hybride, mêlée de croyance, d'espérance ou de pari...) nous l'étudierons à travers sa rencontre avec d'autres problématiques :
Puisque la confiance est omniprésente et fuyante à la fois (imprévisible, aléatoire,, hybride, mêlée de croyance, d'espérance ou de pari...) nous l'étudierons à travers sa rencontre avec d'autres problématiques :
L'honneur et la réputation
Le pouvoir et l'autorité.
L'argent et le crédit
Le softpower et la persuasion hors frontières

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