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Libye : du ciel au sable
Sarkozy en tête et Obama en serre-file, les Occidentaux viennent de commencer une partie de jeu de l'oie libyenne. Avec mandat de l'Onu et quitus des pays arabes. Au début tout va bien.
Personne ne se plaindra de ce que nos troupes détruisent du matériel miliaitre qui permet aux tribus de l'ouest de massacrer celles de l'est. Nous agissons, disosn nous, pour éviter des "massacres pires encore". (quoi qu'en appliquant le raisonnement au Barhein ou à la côte d'Ivoire....) Si la première salve réussit à terrifier le délirant de Tripoli (et sa petite famille qui l'est moins), nous gagnons le premier point : la situation s'enlise. Nous pouvons alors épouver la satisfaction morale de ne pas avoir fait honte aux chantres des guerres humanitaires. BHL et ses amis en profitent pour prononcer des phrases originales sur l'immoralité et finalement l'inefficacité de la Realpolitik, phrases qui eussent certaienement édifié François 1°, Frédéric II, De Gaulle et Mitterand. Kadhafi cède-t-il ?
Après tout, la méthode de la démonstration de force a réussi deux fois avec lui : quand Reagan a fait bombarder Tripoli, manquant de tuer Kadhafi lui-même, les attentats ont cessé. Et le colonel s'est empressé de se racherter une vertu (pas de nucléarisation du pays, fin du soutien au terrorisme), lorsqu'il a vu l'Amérique riposter après le 11 septembre. Cette réaction est-elle transposable quand il se bat pour sa vie et celle de sa famille ? Et le voit-on rejoindre ben Ali sur un plage pour exilés VIP ?
Car, après tout, quelle que soit son efficacité pour remplir le mandat formel de l'ONU (mettre fin aux frappes aériennes libyennes), l'action des Occidentaux, Français et Anglais en tête peut difficilement s'arrêter sans le départ de Kadhafi.
Mais si à la case suivante, nous découvrons que les kadhafistes continuent à se battre dans les villes voire qu'il accrochent la rebellion sanspasser leurs tanks dans le champ de tir du désert ou leurs avions dans le viseur de nos missiles, l'affaire se complique. L'administration Obama adore les drônes à la fois pour leu côté high tech et parce que la machine ne pèche point. Mais l'expérience afghane montre que ces petites bêtes ont tendance à la bavure et que, pour une raison inconnue, les villageaois ne sortent pas avec des drapeaux "star and stripes" ou un portrait de Bill Gates quand ils les voient survoler leur village. Tous les problèmes ne se règlent pas du ciel.
En cas d'une autre une trêve que personne ne respectera et des négociations que personne ne croira, il faudra envisager un soutien plus concret à nos amis libyens, les bons, les branchés et les démocrates. Car, bien entendu, nous avons la certitude par nos services de renseignement que les braves gens reçus à l'Élysée sont garantis purs démocrates modernes, sans aucun lien avec les islamistes et ne manqueront pas de transformer la Jamahirya l ibyenne arabe populaire et socialiste en une sympathique social-démocratie soucieuse de développement durable et de droits des immigrés des autres pays du Maghreb et future destination touristique. N'est-ce pas ?
Sinon reviendra d'Amérique le slogan "il faut finir le job !" et les comparaisons avec la première guerre du Golfe où les alliés laissèrent Saddam massacrer ses Kurdes, sous Bush père. Plus de matériel, armement des rebelles, engagement de troupes spéciales au sol, comme commencent à le réclamer certains conservateurs US, aide à la "Nation Building", zones sécurisées, ponts aériens, simple mission d'encadrement le temps que la nouvelle défense démocratique libyenne soit en mesure de reprendre la situation en main, aide contre "l'extrémisme violent" (on ne dit plus guerre au terrorisme), élimination des résidus du kadhafisme ("affaire de quelques semaines, Mr President, les gens savent que nous sommes là pour les aider...") soutien et contrôle pour des élections libres d'un gouvernement totalement indépendant que personne dans son pays ne soupçonnera d'être le valet des USA; présence très provisoire : et dans le cadre d'un mandant limité, on a déjà entendu cela, on pourrait l'entendre à nouveau.

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