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Google contre le terrorisme ?
Extrémisme violent et méthode Google


Passé presque inaperçu, ce singulier petit séminaire de Google Ideas (le "think tank de Google") fin juin à Dublin s'intitulait "SAVE, Summit Against Violent Extremism". Le public : 200 personnes environ dont 120 habituels représentants d'ONG, mais aussi 80 "ex"! Des ex quoi ? Des anciens "extrémistes violents", des motards type Anges de l'Enfer, des skinheads, des islamistes, des membres des FARC... Tout ce gentil monde raconte ses expériences et surtout le processus qui l'amené à renoncer au "radicalisme". De façon très américaine ou peut-être très chrétienne, on considère que tout le monde peut avoir une seconde chance et se repentir de ses erreurs. Le "radicalisme" ou "l'extrémisme violent", les organisateurs oscillent entre les deux termes, serait donc finalement un phénomène psychologique universel,quasiment une maladie morale repérée et essentialisée sous l'apparente diversité des idéologies ou la pluralité des contextes culturels ou sociaux.
On savait que la "déradicalisation" état pratiquée par plusieurs États sur des prisonniers politiques ; c'était un mélange de rééducation idéologique et sociale soft et de thérapie comportementale.
C'est pourtant une surprise que de voir une société privée, même associée ici au Council of Foreign Relationsl, rentrer aussi ouvertement dans la lutte idéologique et prendre le relais d'une "diplomatie publique" défaillante. Il est vrai que Google, fière de son slogan "Do no evil", avait déjà engagé un bras de fer politique avec la Chine sur la question des libertés et affiché son soutien aux dissidents. La société californienne vient de franchir un pas de plus en affirmant ouvertement que ce sont désormais les acteurs économiques qui sont chargés de sauver le monde.
Cela correspond, là aussi, à une tradition très américaine : celle des riches créant des fondations ou des think tanks pour résoudre par la science et la bonne volonté les problèmes sociaux, en encourageant la recherche et l'expérimentation. Cette fois, Google le fait de manière à la fois très naïve - mettant jihadisme, nationalisme et gangs de rue sur le même plan - et très branchée : réseaux sociaux, partages d'expériences, autonomie et autres thèmes à la mode. Et dans un but ouvertement idéologique. Un symptôme de plus de la montée des acteurs privés dans les stratégies globales d'influence.

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